Dominique POIROT, carme déchaux

*  * * 

Variation contemporaine

 

Berger

L’amour bafoué

 

Le mépris d’oubliance,

Infinie souffrance !

 

1

Lui, livré sur parole,

Haine et mal il savait ;

Amoureux qui convole,

Solidaire au gibet.

2

Beau et bon pasteur,

Fils aimé du Père,

Les humains sont l’heur

De ton cœur ouvert !

3

Elle, aimée épousée,

Naturelle passion ;

Pour chacun s’est donné

Tout entier par mission.

4

En ton sein, bergère,

Fille aimée du Père,

Les humains sont l’aire

De ton cœur ouvert !

5

Mercenaires insouciants

Du dessein éternel ;

Contemplez maintenant

Qu’il fit l’homme charnel.

6

Fils de Dieu sans voix,

Des enfants te prient ;

Christ pendu en Croix,

Le malheur te crient !

7

Mains divines en faiblesse

Sont les armes chrétiennes ;

Avec elles se blessent

Les détresses humaines.

8

Jeune et seul pasteur

De l’histoire entière,

L’amour est vainqueur

De nos cœurs de pierre !

9

Va de soi toute peine

Pour qui aime vraiment ;

Le mépris lui amène,

Plus que peine, tourment.

10

Errements sur Dieu,

Errements sur l’homme ;

Dieu nous veut aux cieux

Qui voit l’homme informe !

11

Vous tous, gens des églises,

Voyez Dieu dans ses charmes ;

Votre oubli avalise

Que son Fils verse larmes.

 

Le mépris d’oubliance,

Infinie souffrance !

 

D.P.

 

Un pastorcíco solo estapenado

et traduction littérale

 

Un jeune pâtre seul est dans la tristesse

 

Index des poèmes de Jean

 

Page d'accueil du site