Dominique POIROT, carme déchaux

*  * * 

 

Variation contemporaine

 

Extase

La nouveauté de Dieu

 

Incomparable nouveauté,

L’amour de Dieu m’est privauté.

L’homme s’espace dans l’extase !

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

1

Heureux enfant dans la piété,

Après des ans de satiété,

Dans mes trous noirs d’adolescent

DIEU comme tout m’était absent.

L’homme s’espace dans l’extase !

Tous mes parents et mes amis

Parlaient du mal qu’Il a permis ;

Les témoignages d’incroyance

M’annihilaient dans la souffrance.

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

2

Comment alors gérer ma vie,

Grande question que j’ai suivie ;

Quand la réponse vint à moi,

DIEU s’imposa dans mon émoi.

L’homme s’espace dans l’extase !

La séduction de l’Évangile

Rendit mon âme moins fragile ;

L’humanité du Christ perçue

Ma jeune foi n’a pas déçue.

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

3

Intuition, grâce en l’instant,

La création m’est arc-boutant ;

J’ai bien reçu révélation,

DIEU seul existe en relation.

L’homme s’espace dans l’extase !

Celui qui est dit vérité,

Source du bien, bonté, beauté ;

L’immensité de l’univers

En moi de lui fait voir l’envers.

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

4

Aux circonstances de combat

Aucune force ne m’abat ;

Dans mes épreuves un réconfort,

DIEU, du créé sort le plus fort.

L’homme s’espace dans l’extase !

Placé premier pour culminer,

Je me cherchais pensant donner ;

J’ai apprécié mes réussites

Et mes limites implicites.

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

5

La nouveauté cachée me hante,

Source qui coule fécondante ;

En ma nature dissolue

DIEU, soif de vrai m’est absolue.

L’homme s’espace dans l’extase !

Mes œuvres en soi ne valent rien,

L’Esprit se fait leur historien ;

Écrits, paroles cependant

Suggèrent encor le transcendant.

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

6

Le créateur se fait sauveur,

Pour lui ma vie gagne en faveur ;

Humilité dont il s’accorde,

DIEU porte nom Miséricorde.

L’homme s’espace dans l’extase !

Si la parole devient chair

C’est que pour elle l’homme est cher ;

Conciliation en moi des dons,

Joie et beauté des abandons.

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

 

Incomparable nouveauté,

L’amour de Dieu m’est privauté.

L’homme s’espace dans l’extase !

Au feu des temps mon cœur s’embrase !

 

D.P.

 

Entreme donde no supe

et traduction littérale

 

 J’entrai sans savoir où j'étais

 

Index des poèmes de Jean

 

 

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