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Dominique
POIROT, carme déchaux |
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Variation contemporaine
Nuit
Jusqu’à la paix de l’amour
De la grand’nuit en traversée,
L’âme sortit très caressée !
a
Crépuscule
Me bouscule !
1
Le crépuscule de la vie
Rend l’avenir plus incertain ;
Toute passion s’est assouvie,
Dieu cependant semble lointain.
2
L’homme contemple l’horizon,
Son regard scrute le futur ;
Belle jeunesse est trahison
Au seul retour de la nature.
3
Venir au jour à tous échappe,
Chacun est fils de ses parents ;
De l’existence qui réchappe,
Nos sens n’en sortent transparents.
4
Lorsque les choses adulées fuient
Nulle valeur tient le passé ;
Mais les amants plus ne s’enfuient,
Les masques tombent, trépassés.
5
Chaque vivant a son histoire
Ombre et lumière s’y reflètent ;
Clartés du soir donnent victoire,
Nuits de la foi les interprètent.
a’
Méditant,
J’ai trouvé ;
Commençant,
Suis sauvé !
b
À minuit
Je m’enfouis !
6
Dans la nuit noire et sans étoile,
Sauveur, tu passes avec chaleur ;
Nuit du pécheur sans aucun voile,
Minuit du mal de grand malheur !
7
Tu me visites en solitude,
Je suis coupable, irresponsable ;
Comment trouver béatitude
Sans ton pardon indispensable !
8
Nuit absolue et suicidaire
D’un autre jour, immense impasse ;
Tu prends misère en solidaire
Mon mal ta Pâque l’outrepasse !
9
Ô Fils de Dieu, le Bien-Aimé,
Nous sommes frères, enfants du Père ;
Tel que je suis tu m’as formé,
Par Votre Esprit en toi j’espère !
10
Ô claire nuit de grand bonheur,
Tu viens chez moi pour le souper ;
Dans la foi nue, le seul meneur,
Tu me libères et fais la paix !
b’
Progressant
En lumière ;
Renaissant,
Visionnaire !
c
Tout, l’aurore
Laisse éclore !
11
Première aurore sur le monde,
Hommes et femmes ont leur Seigneur ;
Aube nouvelle qui émonde,
Tu as fait d’eux les grands gagneurs !
12
Toi-même panses nos blessures
En partageant notre parcours ;
Jusqu’en ta chair nos meurtrissures,
Mal et souffrance, crient secours !
13
La nuit prolonge sa ténèbre,
Le temps qui passe prend distance ;
Mais la lumière te célèbre
Dans le secret de ma substance !
14
Sérénité et joie du cœur
Murmurent l’âme en communion ;
Tes épousailles, doux vainqueur
Sont enrichies d’autres unions !
15
Heureuse nuit aux trois moments,
D’un seul amour l’obscure nuit ;
Dans ton silence uniquement
Tu as scellé tout à minuit !
c’
Dieu, parfait
Tu me veux ;
L’union, fait
De nous deux !
d
Bienheureux
Dans les cieux :
L’Éternel
Au grand Jour
Me rappelle
En retour !
De la grand’nuit en traversée,
L’âme sortit très caressée.
D.P.
et
traduction littérale