Dominique POIROT, carme déchaux

*  * * 

*Page d'accueil du site*

 

 

 

 

 

 

 

Variation contemporaine

 

Beauté

Un je ne sais quoi !

 

Comment redire la beauté,

Tant elle inspire Déité !

 

1

Attrayante beauté

Me laisse élire ou rejeter ;

Absolue royauté !

Je suis contrains d’en exister

- Je ne peux dire son empire -

Par primauté.

Le créé m’a capté

Et renvoyé vers l’invisible ;

Inconnu reflété !

Je suis hanté d’inaccessible,

- Je ne peux dire qui m’attire -

Ô déité.

 

2

Lorsque d’autres s’endorment

Mes sens s’éveillent avec la nuit ;

Longues ombres déforment !

L’irrésistible m’éblouit

- Je ne peux dire mon délire -

Et me transforme.

Fusionnel lucifer,

Fluorescence, tu me nuis ;

Tu me mènes aux enfers !

Alors que Dieu attend minuit

- Je ne peux dire qu’il conspire -

Pour me parfaire.

 

3

Joliesse et légère,

Belle clarté de la jeunesse ;

Son regard tout suggère !

Elle ouvre en moi grande tendresse,

- Je ne peux dire son séduire -

La messagère.

Dilection sans pareille

Sur ces yeux pers de noble femme ;

Au travers de la treille !

Sa joie allume en moi la flamme

- Je ne peux dire son sourire -

Qui m’ensoleille.

 

4

Attendu, purifié

L’amour vers moi s’est égaré ;

Mon cœur bat simplifié !

Par mil élans désemparés

- Je ne peux dire mon martyre -

D’un crucifié.

Mon malheur au bonheur

A opposé son paroxysme ;

Pauvre vie sans valeur !

Elle finit en grand lyrisme

- Je ne peux dire ni transcrire -

De cabaleur.

 

5

Au pays de mon âme

L’art des aimés fuit le paraître ;

Son feu chasse l’infâme !

Chantre du bien, il tue le traître

- Je ne peux dire s’il expire -

Quand le cerf brame.

L’amitié pour le Fils

Ouvre une route vers le Père ;

Sa raison est service !

Mes désirs fous elle tempère

- Je ne peux dire qui soupire -

En séductrice.

 

6

Communion des béances,

Tu transfigures l’univers ;

Terre aux grandes créances !

Esprit d’union d’êtres divers

- Je ne peux dire qui respire -

Sans doléances.

La beauté de ce monde

Met en émois mes faits et gestes ;

Dans mon champ vibre une onde !

Sourd en lui source très céleste

- Je ne peux dire qui m’inspire -

Qui me féconde.

 

La beauté qui m’inspire,

Déité ne peux dire !

 

D.P.

  Por toda la hermosura

et traduction littérale

 

 Pour la beauté des créatures

 

Index des poèmes de Jean

 

 

 

Page d'accueil du site