Dominique POIROT, carme déchaux

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Variation contemporaine

 

Chant

L’amour de l’Aimé

 

En quoi le prix de l’humain ?

L’amour court vers le divin !

1

Belle joie de mon enfance

Au printemps tout d’éternel ;

Mes yeux livrent en transparence

Un bonheur originel.

En quoi le prix de l’humain ?

Je me pensai non aimé,

De l’avenir j’ai eu peur ;

L’amitié vint ranimer

L’adolescent en torpeur.

L’amour court vers le divin !

2

Les élans de la jeunesse

À ma paix firent combat ;

L’inquiétude et la tristesse,

Jeux du mal, prirent le pas.

En quoi le prix de l’humain ?

Beau, je voulais exister,

La chair tentais de chérir ;

Dieu ne pouvait subsister

Qui m’empêchait de fleurir.

L’amour court vers le divin !

3

Christ pourtant tenait ma main,

Pour lui seul il me voulait ;

Solitaire en mon chemin,

Vers l’église il m’appelait.

En quoi le prix de l’humain ?

La vie qui sait bien farcer

A purifié mes délires ;

Elle m’a fait renoncer

À la folie des collyres.

L’amour court vers le divin !

4

J’ai tout fui pour l’absolu,

Sa puissance m’a happé ;

Il devint le vrai salut

De mon cœur trop agrippé.

En quoi le prix de l’humain ?

Dans le divin et l’humain

J’ai poursuivi l’amitié,

Pour la beauté d’un demain

En vain ma quête a cligné.

L’amour court vers le divin !

 

L’amour court vers le divin,

C’est tout son prix dans l’humain !

5

Engendré par des parents

Me vouant identité,

Pour moi Dieu se fait enfant

M’épousant accrédité.

L’amour court vers le divin !

L’amour de l’homme et la femme

Dans mon histoire léguée

Mit mon désir tout en flamme

Source de feu prodiguée.

C’est tout son prix dans l’humain !

6

Déité l’inaccessible

Par le Frère m’est livrée ;

De sa vie rendue sensible

Ma nature aime enivrée

L’amour court vers le divin !

J’ai désiré tant l’amour

Qu’il m’a souvent précédé ;

Mais sa rencontre toujours

Par prévenance fut mandé.

C’est tout son prix dans l’humain !

7

Ciel profond et nuit d’étoiles

Habités d’un seul attrait ;

Fond du cœur l’Esprit dévoile

Trinité en son retrait.

L’amour court vers le divin !

Tu me rejoins, délaissé,

Dans l’épaisseur de mon être.

Pourquoi m’avoir tant blessé

Lorsque j’aimais bien paraître ?

C’est tout son prix dans l’humain !

8

La faiblesse de l’Aimé

Comble encore la rencontre ;

D’un vivant en lui formé

Le tombeau vide il me montre.

L’amour court vers le divin !

Amour humain, chante Dieu,

Le Bien-Aimé te suscite ;

Dans ta nature est l’adieu

Que le divin ressuscite.

C’est tout son prix dans l’humain !

 

L’amour court vers le divin,

C’est tout son prix dans l’humain !

 

Arche

Caché en Dieu

 

1

Colombe en l’arche de mon cœur,

Certes je sais ma finitude ;

Viens nidifier en quiétude,

Viens habiter ma solitude,

Viens partager l’amour vainqueur !

2

Oiseau fébrile en soif de paix,

Qui donc pourrait encor m’envier ?

Mets en ma bouche l’olivier,

Miséricorde m’a convié,

De ton bonheur je me repais !

 

Joie

La beauté de Dieu

 

Fils Bien-Aimé par épousailles,

Beauté de Dieu dans nos grisailles !

1

Dans la fraîcheur et la beauté

Des eaux courantes du rocher,

J’entends et vois la nouveauté

D’un bruissement pour m’y pencher.

Grâce divine et enfantine,

De m’abreuver là je m’obstine !

2

Je suis aimé du Bien-Aimé,

Tu es venu pour me porter ;

Je me devine rédimé,

Ta joie se laisse enfin capter.

Avec bonté tu m’hallucines,

Splendeur de Dieu, tu me fascines !

3

De ta clarté tu me revêts

Pour partager l’altérité ;

Mille reflets à mon chevet

Me rendent fou de charité.

À la vie même que tu donnes,

De jour, de nuit, je m’abandonne !

4

Comment traduire cette histoire

Qui ne s’entend qu’en toi bouclée ?

Ton Fils lui-même est l’écritoire ;

La poésie donne ses clefs.

Tout l’univers en Dieu bourdonne,

Le Saint-Esprit en moi fredonne !

 

Fils Bien-Aimé par épousailles,

Beauté de Dieu dans nos grisailles !

 

Dieu

Les épousailles mystiques

 

Découvre-moi, Dieu, ta présence,

Je le désire hors récompense !

1

De l’Existant j’eus l’expérience,

Irrésistible en sa motion ;

Était-ce là révélation,

Était-ce encor intuition ?

Triste passé en son absence !

2

Verbe de Dieu me fût donné,

Dans cette chambre fondatrice ;

Unique source créatrice,

De l’univers la bienfaitrice,

Grâce toujours attentionnée !

3

L’Ami nocturne et authentique

Rend manifeste sa présence ;

Sa paix, sa joie sont bienfaisance,

Il vient à moi avec plaisance

Pour épousailles au temps mystique !

 

Découvre-moi, Dieu, ta présence,

Je le désire hors récompense !

 

 D.P.

 

Adonde te escondiste

et traduction littérale

 

Chant de l'âme et du Christ, son Époux 

 

Index des poèmes de Jean

 

 

 

 

 

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