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Dominique POIROT, carme déchaux |
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L’élan amoureux
" Le
cœur est un chasseur solitaire ", est-il écrit dans La Dame de l'amour courtois. Cette glose sur la recherche
de Dieu prend avec audace l'image profane de la chasse au faucon. La
description met en valeur l'incapacité de l'homme d'atteindre Dieu, comparé à
la proie, mais qui se laisse atteindre par l’espérance.
Après
une lettrille de quatre vers, en quatre strophes, Jean démontre le don que Dieu
fait de lui-même à celui qui espère avec pureté.
Traduction
nouvelle, en fin de l'an 2000.
Pressé
d'un élan amoureux
Et
d'espérance sans défaut,
Je
m'envolai si haut, si haut,
Qu'en
ma proie, je fus victorieux.
Face à Grenade, la sierra Nevada
I
En
tel élan, pour que je puisse
Atteindre
cet amour divin,
Il
fallut qu'en mon vol, j'en vins
À ce
que de vue, me perdisse ;
Et
cependant, à cette crête,
En
cours de vol, je fis défaut :
Mais l’amour
s’en alla si haut
Que
de ma proie, fis la conquête.
II
Alors
que plus haut je montais,
Ma
vue en restait éblouie,
Et la
plus forte des saisies
Dans
l’obscurité se faisait ;
Comme
d’amour allait la quête
Aveugle,
je fis l'obscur saut :
Et je
volai si haut, si haut,
Que
de ma proie, fis la conquête.
III
Alors
qu'au plus haut j'arrivais
Dans
cette quête si indue,
Qu'au
plus bas et entier rendu,
Abattu,
je me retrouvais.
Je
dis : inutile requête !
Et je
m’abattis, holà oh !
Que
je volai si haut, si haut,
Que
de ma proie, fis la conquête.
IV
De
façon extraordinaire,
En un
vol, j’en fis plus de mil,
Car
du ciel, l’espérance habile
Acquiert
tout autant qu’elle espère ;
Espérer
cette seule quête,
Et je
l'espérai sans défaut :
Puisque
j'allai si haut, si haut,
Que
de ma proie, fis la conquête.
et
traduction littérale