Journal de l’Inde, première semaine

Bombay, Madras, Pondichéry

 

DIMANCHE 12 OCTOBRE 1975

J.-P. devait faire partie du voyage. Il nous conduit, A. et moi-même, à l’aéroport d’Orly Sud. Le trajet Paris Orly s’accomplit sans problème, et sans parole. Nous sommes tristes et contents tout à la fois. L’au revoir est simplifié et rapide. J’ai conscience d’aller à l’aventure.

Première surprise : l’avion de la K.A.C. est bondé d’Arabes et d’Indiens ; il nous reste deux places.

L’altitude et les différentes escales : Rome, Koweït, Dubaï, nous permettent de faire plus ample connaissance, de mieux nous situer. Nous étions certains de sympathiser. A. me parle de sa famille, de ses interrogations sur son avenir. Je lui dit brièvement ma vie.

Je lui précise surtout le mobile de ce voyage en Inde. Il est simple : en vue d’un discernement, rencontrer cette civilisation tout autre et sans doute complémentaire de l’Occident, sa sagesse, la prière, la recherche communautaire.

J’ai plus que l’impression que je rejoins une même quête chez A., que la confiance existe, que nous découvrirons ensemble, que de toutes les manières nous espérons revenir différents…

A. m’avait dit en préparant le voyage se reconnaître dans cette intuition du bouddhisme : " Tout est souffrance " ; je lui souhaite de revenir avec une perception de la vie plus réalistement optimiste.

LUNDI 13 OCTOBRE 1975

Arrivée à Bombay à 7 h, heure locale ; nos montres indiquent 2 h30. Les formalités terminées, nous sommes largués comme des enfants perdus devant l’aéroport, proies des enfants mendiants, des escrocs, de la chaleur humide, d'une première réalité...

Une heure de bus nous plonge dans la vision de la misère : des kilomètres de bidonvilles, nimbés d’étrangeté. Les hommes sont nus ou vêtus de blanc, les habitations lépreuses, délavées.

Nous traversons des quartiers commerçants, résidentiels, pour arriver devant le Taj Mahal, hôtel des Mille et une nuits !

Après une polémique avec le chauffeur du car, nous sommes déposés au bord de la mer, où l’on nous propose des hôtels, de la drogue… Nous nous retrouvons à l’Armée du Salut.

Odeur de m…, couverte d’effluves d’encens. Nous sommes logés dans un gîte communautaire : les lits sont en dortoir. La nourriture du petit-déjeuner est bonne. Après une douche, nous faisons une sieste. Et après le repas de midi, de nouveau la sieste.

L’après-midi, nous marchons dans Bombay vers l’Office du Tourisme et Indian Airlines afin d’acheter nos billets pour Madras. L’agence ne fait que 25 % de réduction pour les étudiants, au lieu des 50 % prévus.

Il nous faut ensuite acquérir des roupies. Les banques n’opèrent le change que de 11h à 15h. C’est alors notre première rencontre avec la pègre : nous sommes accostés pour du change au noir… à nos dépens, sans commentaire : 200 roupies nous étaient proposées contre 100 dollars. Le soir, à 9 h, la nuit tombée, le forfait est accompli. Nos 100 dollars sont perdus. C’est le premier gros choc. Nous ne l’avons pas volé, mais nous sommes écœurés ; c’est une bonne leçon pour la suite.

Nous marchons sur la promenade des Anglais . Nous réfléchissons sur l’événement. Nous retrouvons la mendicité, des propositions de massages…

Puis nous nous couchons, essayant d’oublier.

La première nuit en Inde est difficile. A. pousse un cri - preuve de sa nervosité — lorsqu’un pensionnaire arrive dans le noir à la recherche de son lit.

MARDI 14 OCTOBRE 1975

Nous prenons un petit-déjeuner sympathique en compagnie de Arth, pensionnaire américain, le somnambule, déjà rencontré la veille. C’est un globe-trotter.

Le matin, après avoir retiré nos billets d’avion, nous marchons vers les tours des Parsis. Le bord de mer est banal avec de fortes odeurs de m… Sur une amorce de plage, des enfants se baignent nus ; traversant un parc, partout nous voyons des gens somnoler, assommés par la chaleur. A. devient blanc de fatigue ; nous nous asseyons sur un banc. Un couple rencontre notre regard ; la femme, les yeux ironiques, nous demande l’heure.

Nous renonçons à aller jusqu’aux tours aux vautours au sommet desquelles les Parsis exposent leurs morts et nous rentrons par Jagannath Shankar Shat Road et Mahatma Gandhy Road. Les voitures, les portes, les vitrines sont fleuries : c’est une grande fête religieuse, sans doute celle de la déesse Durga qui libère de toute souffrance, Durga Puja. Mais nous sommes mal à l’aise, nous sentant toujours observés, percevant les regards des adultes comme hostiles, ceux des adolescents assez malsains…

L’après-midi, notre désir de visiter Elephanta et d’autres lieux en voiture avant de prendre l’avion pour Madras à 18h10 est déçu. Nous avons la faveur d’avoir un bus pour nous deux seuls, qui nous conduira à l’aéroport. Le trajet est le même qu’à l’arrivée, mais sous le soleil et dans une ambiance de fête. Que de monde !

Des chars fleuris sont précédés de danseurs, de tambours, de vaches sacrées pas trop décharnées… Nous entrevoyons un cortège funèbre.

Quel contraste entre la misère et la fête ! Il nous a semblé déplacé de prendre des photos.

Le confort de l’avion nous donne le temps de la respiration après ces deux jours plutôt pénibles et décevants.

Nous cherchons dans les premiers chapitres de la Genèse les traces d’une origine de ce grand peuple de l’Inde : Tour de Babel ? Destin d’Agar et d’Ismaël ?

Le Christ n’est pas passé dans ce peuple pour y révéler que la misère est un appel.

Passivité, fatalité de la condition humaine ! Où est la grande sagesse de l’Inde imaginée auparavant ?

Y-a-t-il une complémentarité entre l’efficacité de la chrétienté et la mystique subjective de l’Inde ? 

Nous arrivons à Madras à 19h50. Il fait plus frais.

Nous retrouvons le même scénario : coolies, taxis…Pourchassés par un coolie, nous atterrissons dans une cabine téléphonique où 6 pièces ne nous donnent rien. Pendant une demi-heure, c’est le ballet des numéros de téléphones pour atteindre le père Ceyrac, jésuite, dont je connais bien un neveu et qui est prévenu de notre arrivée en Inde. Nous décidons de nous rendre directement à Loyola College. Sous la conduite du coolie, qui veut nous faire emprunter un chemin de style coupe-gorges, nous refusons peu rassurés et revenons à l’aéroport. Après des parlementations, une roupie donnée au coolie, un gars qui nous semble être pilote de ligne intervient dans la discussion, change finalement d’avis pour nous aider. Nous sommes quitte d’une autre roupie pour l’enfant qui a porté la valise jusqu’à la gare.

Nous prenons alors le train qui nous dépose à Nungambakam, proche du collège où un autre Indien nous conduit. La grille est fermée. Il est déjà 22h. On nous fait entrer, heureux de savoir que le père Ceyrac est là. Au bout d’un instant, il arrive.

Après un moment de surprise de part et d’autre — ma lettre n’est pas arrivée - l’accueil au foyer étudiant est chaleureux.

En dégustant un bon café, nous parlons avec le père Ceyrac et le père Claude D’Souza, livrant nos premières désillusions et exprimant notre volonté d’avoir un voyage bénéfique : buts, style, etc. Le père Ceyrac va nous donner des adresses, nous tracer un itinéraire.

" En Inde, la première urgence est d’unir l’âme au corps ", nous dit-il.

 

"Loyola College, MADRAS 34

 

À C., 

Voyage bien effectué. A. sympathique compagnon.

Bombay = ville horrible… Misère des bidonvilles sur des kms…

Nous logions à l’Armée du Salut ! Décadence.

Odeurs de m., d’encens, de mort… partout.

Ville où se mêlent misère et fête ; aujourd’hui, beaucoup de fleurs partout, cortèges, danses… C’est la fête d’une déesse ! parmi d’autres…

Un hôtel, digne des Mille et Une nuit, le Taj… contraste avec tout le reste.

Impression difficile à exprimer pour l’instant : le touriste est mal vu !

Climat chaud et humide, 35-40°.

Je t’écris de l’avion qui nous emmène à Madras. Demain, nous rédigerons avec A. le compte-rendu de Bombay, avec commentaires.

Je pense que tout va bien pour toi : le moral, le repos, le travail aussi, la ligne…

Je ne sais quelle mouche m’a piqué pour entreprendre ce voyage. Mais j’espère que le P. Ceyrac nous aidera beaucoup pour la suite.

Je pense bien à toi, et demande aux nuages qui nous portent maintenant d’aller jusqu’à toi.

Bien affectueusement,

dominique. "

 

La nuit est difficile : inconfort, chaleur, bruits divers — outils et paroles -, moustiques…

MERCREDI 15 OCTOBRE 1975

Lever à 9h.

Nous rencontrons D., un autre neveu du père Ceyrac, qui rentre après quatre mois de séjour au sud de l'Inde, dans la campagne.

Pour le petit-déjeuner, nous nous risquons dans le boui-boui le plus proche. Le thé est délicieux, les iddly — boules de riz — avec sauces pimentées, fades à notre goût.

D’une assez longue conversation avec le père Claude, nous retenons ces quelques points :

Le repas de midi nous sépare. Je suis invité par Claude chez les pères. A. lui, " hors caste ", va manger au boui-boui déjà cité. Le père Ceyrac, plein de bon cœur lui apporte trois oranges.

Nous parlons du programme de notre voyage. La façon d’être du père Ceyrac, ses paroles rassurent.

Après la sieste, nous prenons le train jusqu’à Fort. Nous marchons dans le quartier, oppressés, tant la foule est dense.

Assis sur un banc de pierre dans un petit square, oasis paisible parmi cette foule, nous mangeons trois oranges achetée pour une roupie et 10 bananes pour une roupie également. A. s’interroge sur ce qu’il y aurait à faire pour changer la société, il s’interroge sur l’amour ; j’essaye de lui répondre, c’est difficile. Mais cette halte nous refait.

Nous rentrons après avoir pris deux spécial thee et avoir découvert que le pain d’épices était bon.

Nous inaugurons ce journal et éteignons à minuit.

La nuit est encore difficile pour A., cette fois-ci à cause des moustiques. Elle est meilleure pour moi.

JEUDI 16 OCTOBRE 1975

Sous les tropiques, nous avons du mal à prendre le rythme journalier : lever et extinction des feux avec le jour. Nous nous ébrouons à 9h et éteignons vers 23h30.

Le père Ceyrac nous invite avec son neveu D. à prendre dans un restaurant spécialisé un repas végétarien. Nous sommes gênés de devoir utiliser nos doigts. Le père Ceyrac nous donne quelques indications sur les convenances en Inde. La main gauche est la main sale, la main droite est la propre. On ne mange qu’avec les doigts de la main droite. La cuisine demeure pour nous insipide.

Il nous parle essentiellement de l’Évangile des pauvres.

Il est passionné et l’on est certain que toute sa vie est donnée. Tout son travail, avec beaucoup d’autres, est de faire respecter la législation qui est bonne en Inde, par la conscientisation, voire la pression.

Un exemple : un village n’a pas de puit alors qu’il y a droit. Les femmes finiront par se coucher devant l’entrée du Ministère. Et, comme en Inde, on n’enjambe jamais une femme, le gouvernement sera obligé de faire ce qu’il doit.

2 % de la population est très aisée, 16 % aisée, le reste accepte passivement sa misère, beaucoup par la résignation qu’enseigne la religion. Il regrette, comme beaucoup d’autres, que l’Église ne prenne vraiment pas le parti des pauvres, mais soit toujours d’accord avec le gouvernement.

Vers 16h, nous sommes au centre ashram Aikyia Alayam.

Accueillis par le père Ignatius Irudayam, s.j., un Indien à l’apparence de mage. Son propos est de faire prier ensemble toutes les religions.

À témoin le symbole de l ’AUM  : effort de l’homme qui atteint Dieu. La révélation vient à la rencontre de cet effort.

Il voit en l’Inde le grand-prêtre Melchisédech. Pour les techniques de prière, il croit à " La prière de Jésus " comme mantra ou japa. Le Hatha-Yoga n’est qu’une technique humaine de relaxation. Il croit que notre temps a besoin de maîtres. Il voit son effort comme complémentaire du socio-économique.

Après nous avoir fait visiter la salle des Religions, il nous conduit à son oratoire provisoire où il tente une liturgie reflétant la tradition religieuse de l’Hindouisme.

Nous rentrons à l’A.I.C.U.F. (aumônerie étudiante) avec la voiture qui véhicule un Assistant Général des Pères Jésuites en passage éclair.

Le père Ceyrac vient passer la soirée avec nous.

VENDREDI 17 OCTOBRE 1975

La population de Madras, dans le bus surtout, ou lorsque nous sentons à qui nous adresser, est alors des plus gentille.

Trois faits :

 

 

À midi, nous sommes au Catholic Center, reçus par le père Thomas Joseph, aumônier du monde ouvrier, et par l’aumônier national de la JOC. Pendant deux heures, nous parlons à quatre, toujours touchés de la spontanéité du dialogue.

Leur analyse correspond tout à fait à celle du père Ceyrac. La religion hindoue est un moyen de pression supplémentaire. C’est dans les campagnes, à la base, qu’il faut susciter l’évolution. La centralisation est mauvaise. Le Nord, industriel, déplace les populations du Sud. L’Emergency (police) est critiquée par les prêtres rencontrés jusqu’ici.

L’après-midi, nous visitons la cathédrale et le temple principal de Madras. St. Thomas serait bien mort ici, d’après les études d’archéologie les plus récentes. Traces du 3e siècle qui en disent plus… autant de preuves que pour la mort de Pierre à Rome. Deux mendiants, haut en couleurs, évoquent Anne et Siméon.

À 500 mètres de là, nous nous déchaussons pour entrer dans l’enceinte du temple. Un guide nous explique symboles, images et rites. Nous sommes frappés par l’atmosphère étrange et prenante. Nous terminons la visite dans le bureau du Chairman pour y écrire nos noms et laisser nos impressions. Le Chairman, nommé par le gouvernement pour administrer le temple, est assis derrière une très grande table vide. Il exprime son pouvoir en engueulant devant nous un sous-fifre.

Le soir, le père Ceyrac nous précise notre itinéraire avec moult détails et toujours cette même passion pour son pays.

 

SAMEDI 18 OCTOBRE 1975

Premier réveil aussi matinal, à 6h15, pour prendre l’Express bus en direction de Pondichéry.

Le père Carof, P.M.E. qui remplace le curé de Notre Dame des Anges en vacances s’est lui-même absenté pour 48 heures. Nous nous retrouvons dans un orphelinat. Première surprise : le Français est parlé ici. Il est 12h30. Un jeune éducateur nous conduit dans un restaurant vietnamien. Nous apprécions le potage, mais pas le bancoung que nous laissons en partie.

Première rencontre significative : A. demande à un Français élégamment vêtu à l’indienne si l’eau est potable ici. Réponse digne de The Mother  avec un air d’intellectuel béat : " C’est comme tu la sens. Tu pourras boire de l’eau sale et que ça ne te fasse rien. Tu pourras boire de l’eau potable et être malade. De toute façon, ici, si tu dois attraper quelque chose, tu l’attraperas. La seule façon de ne pas être malade, c’est d’être plus fort que la maladie ".

En attendant le père Carof, nous rédigeons notre journal. Le père, breton par toute sa nature, arrive en nage. Il nous demande quelques instants. Et c’est l’accueil : toutes portes ouvertes, chambre immédiatement préparée, etc. Très vite, il nous trouve deux jeunes élèves du lycée français, indiens de nationalité française, qui nous guiderons durant notre séjour.

Le soir même, nous rendons visite, conduits par un petit orphelin (de père seulement), merveilleux d’intelligence, au Carmel des sœurs. Le parcours aller-retour en rickshaw — meilleur moyen de visiter une ville — nous fait traverser Pondichéry, plus propre, plus aérée, plus humaine, mais gardant tout un cachet typique : des vaches vraiment snobs, les échoppes de plain-pieds sur la rue, les cabanes, la terre, les odeurs, les gens qui forment un bariolage de peaux noires, d’étoffes blanches et de couleurs vives, rouge, vert… les estropiés, les mendiants…

La mère supérieure Caroline, originaire d’Anvers, âgée de 82 ans, seule Européenne parmi une vingtaine d’Indiennes, nous paraît vaillante ; elle est au courant de beaucoup de choses.

Seules, trois sœurs lisent Jean de la Croix, dit-elle, qui n’est pas traduit en Tamoul. Mère Caroline regrette le conservatisme des sœurs, le fait qu’elles manquent d’ouverture intellectuelle, leur manque de contact avec l’extérieur, les prêtres en particulier. Elle croit que Rome empêche de bouger. De loin, elle voit juste.

Le Carmel construit par la mère est très beau ; le goûter que nous y prenons apprécié.

La circulation est acrobatique : foule errante, mendiants qui vous courent après en criant Master, master…

Nous entrevoyons le culte par la porte d’un temple et recevons les informations par le haut-parleur en passant devant une tour.

Nous prenons nos repas avec le père Carof. Il parle volontiers, nous livre une grande expérience. Il est depuis 25 ans au pays Tamoul. Pondichéry, nous précise-t-il, n’est pas représentatif de l’Inde. Et de toutes les manières, l’Inde, ce sont les villages…

 

 

Débordé par son travail, maintenant directeur spirituel d’un ensemble de collèges, il réfléchit sur le tas. Sceptique par rapport à beaucoup d’idées nouvelles, il n’a pas de temps à consacrer à l’étude de l’Hindouisme ou à l’évangélisation, comme l’ensemble des prêtres ici, étrangers ou indiens, absorbés par leur communauté déjà très lourde. Il cite beaucoup plus d’exemples concrets qu’il n’énonce d’idées générales. C’est un actif.

Le problème de l’Église vient de ce qu’elle est faite pour les pauvres, les parias mais qu’elle est riche. Il n’y a pas de conversion parmi les castes, mais seulement chez les sans castes, ceux que Gandhi appelait Harry Gens.

Après le repas, nous montons quelques instants sur la grande terrasse du presbytère d’où nous apercevons la mer.

Le lendemain matin à 6h, j’y verrai le lever du soleil.

 

"Loyola College, MADRAS 34 India

À C.,

 Quelques mots pour toi ce soir, de Pondichéry où nous venons d’arriver à 12h. Il est difficile encore de dégager des idées générales. Nous écrivons jour après jour nos impressions, ce que nous vivons. C’est très dense et c’est déjà cela. L’étrangeté fait place au cœur. La foule partout est oppressante. Moyenne d’âge ici : 15 ans !

Nous logeons maintenant chez les bons Pères.

Mardi soir nous sommes à Madras. J’ai reçu les deux lettres. N’écris pas trop, je n’y repasserai pas avant trois semaines. Les contacts sont passionnants, tant en ce qui concerne le problème de la pauvreté, que celui du dialogue Hindouisme-Évangile.

Nous sommes arrivés ce matin à Pondichéry et nous allons y passer quelques jours. Ensuite nous irons passer quelques jours à Tiruvannamalai, ashram hindou, pour poursuivre le tour de l’Inde du Sud.

Voyager est un poème : mendiants, coolies… le train, le bus sont inconfortables et rapides.

Nous allons continuer avec l’itinéraire fixé par le P. Ceyrac, plus courageux que les premiers jours…

Le sommeil commence à venir.

Je te souhaite beaucoup de bonnes choses, dans ton travail, la vie parisienne.

Demain, je vais concélébrer la messe en Tamoul !

Bien affectueusement, et bon courage pour tout. Je pense bien à toi.

fP dominique Poirot "

 

Suite du Journal de l'Inde, deuxième semaine

 

Table des semaines du Journal

 

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