Transpositions culturelles contemporaines
dcouvert par Paul Valery
Paul Valry
est n Ste le 30 octobre 1871. Son pre tait douanier corse et sa mre
italienne. Il poursuit ses tudes Montpellier et Paris. Il frquente par la
suite le salon de Mallarm et noue des amitis avec plusieurs hommes de lettres
et des artistes. Il connat une carrire dĠcrivain trs en vue et il entre
lĠacadmie franaise en 1925. Il est lĠauteur de nombreuses Ïuvres, en
particulier de La Jeune Parque et du Cimetire Marin. Il tait devenu en 1936 Ç une espce de pote
dĠtat. È Il meurt le 20
juillet 1945 et reoit des funrailles nationales.
Paul Valry a redcouvert et prsent les textes des trois pomes
dits majeurs de saint Jean de la Croix ; en 1941, il affirme dans la
Prsentation : Ç Je propose aux amateurs des beauts de notre langage de
considrer dsormais lĠun des plus parfaits potes de France dans le R.
P. Cyprien de la Nativit de la Vierge, carme dchauss, jusquĠici peu
prs inconnu.
JĠen ai fait, il y a bien trente ans, la dcouverte... È
Le
premier traducteur clbre de Jean de la Croix en langue franaise au XVIIe sicle est en effet le Rvrend Pre
Cyprien de la Nativit de la Vierge
(1605-1680), carme dchauss, du couvent de la rue de Vaugirard, Paris. La
premire dition date de 1641. Le lecteur contemporain pourra bien relever le
manque de littralit dans cette traduction, mais le pote y percevra dĠemble
la beaut de la langue franaise ; elle fait apparatre le pome comme une
Ïuvre originale, mais finalement
fidle son sens profond.
On
peut relever que Cyprien passe de la forme espagnole qui reprend la manire du
Boscn en introduisant lĠendcasyllabe des strophes de six vers huit pieds.
Ses Ïuvres compltes de Jean de la Croix rdites par la suite, tablie et prsente par Lucien-Marie de Saint-Joseph, carme dchauss, sont aussi dĠune belle langue, mais par contre trs littrales.
Chez
Louis Rouart et Fils, 6, place Saint-Sulpice, Paris 1941.
Il
est dit de nouveau chez DDB, 1996,
sous le titre :
traduits en vers franais par le R.P. Cyprien
Texte prsent par Paul Valery
Voici
la premire strophe de chacun des trois pomes majeurs, avec quelques
ajouts :
CANTIQVE DE LĠAME, OV ELLE CHANTE LĠHEVREVSE AVANTVRE
quĠelle a eu passer par lĠObscure Nuict de la Foy, en
nudit
& purgation, lĠvnion de son bien-aym
[8
strophes]
A lĠombre dĠune obscure nuict,
DĠangoisseux amour embrase,
O lĠheureux sort qui me conduit !
Je sortis sans estre avise,
Le calme tenant propos
Ma maison en un doux repos.
On
peut relever dans la strophe trois :
De la Nuict, sans estre appereu
[40
strophes du Cantique appel AĠ]
O vous cachez-vous cher Amant,
Qui mĠavez en ce deil laisse ?
Comme un cerf quĠon va poursuivant,
Vous fuyez mĠayant bien blesse :
Je sortis aprs vous criant,
Mais vous alliez tousjours fuiant.
On
peut relever dans la strophe sept :
Begayent un je ne say quoy,
Qui me tu et met hors de moy.
dans la douzime :
Source dĠun cristal prtieux !
CANTIQVE QUE CHANTE
lĠAme en intime vnion avec Dieu
[4
strophes]
O vive flamme, saincte ardeur !
Qui par cette douce blessure,
Perce le centre de mon cÏur :
Maintenant ne mĠestant plus dure,
Acheve, & brise si tu veux
Le fil de ce rencontre heureux.
On
peut relever la finale :
Ton respirer doux merveille,
De biens et de gloire accomply,
Doucement dĠamour mĠa remply.
Les
amateurs de belle langue peuvent donc se procurer ces Ïuvres.
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